2 mars 2017, appel à bloquer les lycées. 
Premier acte. J’arrive à 6h30 devant le lycée Colbert, dans le 10ème, quelques jeunes sont déjà là pour préparer le blocus. So much pour l’idée que les jeunes ne bloquent que pour louper les cours…Ils récupèrent dans une rue voisine poubelles et barrières pour barricader les portes, en vain. Deux officiers de police, ainsi qu’un membre de la BAC sont présents et les en empèchent. "Faites votre blocus avec les mains, à l'ancienne", leur adresse l’officier. Les lycéens attachent alors des cordes aux deux entrées principales, et se placent devant la troisième. "Même sans poubelle on bloque avec nos cœurs." dit l’un d’eux. Le barrage sera d’une certaine efficacité, peu de monde ayant pu entrer.Pendant deux heures, le blocus se tient, on assiste sous l’œil des renseignements généraux à des lancers d’œufs sur la façade, quelques fumigènes légers, ou bien un professeur qui discute avec un élève des méthodes de lutte et leur efficacité : blocus, assemblées…  
Vers 10h30, acte deux, après un tour du bloc, ils reviennent au lycée et partent en métro en direction de la place de la Nation, lieu de rendez vous du rassemblement "Non aux violences et à la répression policières", prévu pour 11h. Les camions de CRS sont déjà sur place, et un jeu de chat et de souris commence entre manifestants et CRS, ces derniers finissant par laisser rentrer les jeunes sur la place. Là, déjà, une nasse d’autres groupes arrivés plus tôt, autour d’un arrêt de métro. Et à partir de ce moment, les nasses s’enchaînent, les groupes de vingtaines de manifestants se reforment et traversent la place en courant, sans cesse, alors que deux nasses sont maintenues. Les CRS, rejoints par la police nationale, et la gendarmerie mobile (sans oublier la BAC, ainsi que les RG qui filment la scène et se déclarent journalistes quand on leur demande leur identité… ) essaient de gérer les jeunes, dans un jeu de de positionnement tactique. Les forces de l’ordre n’ont pas l’air de savoir ce qu’elles font exactement, entre les nasses entourées de manifestants, les groupes de jeunes qui se déplacent rapidement et entourent les nasses… Et surtout, le traitement indifférencié entre manifestants et personnes qui passent sur la place : des gens assis sur les bancs se font déloger sans ménagement d’un côté, quand de l’autre des élèves du lycée Arago, situé sur la place, (et qui passaient leur bac blanc ce jour là) se retrouvent nassés avec les manifestants, et la police doit escorter tout le groupe jusqu’aux portes du lycée…
Acte final, un bon nombre de manifestants ont déjà été évacués dans le métro (après contrôle d’identité) et c’est dans un car estampillé Police Nationale que les derniers nassés quitteront la place, sous les cris de soutien des manifestants libres. À l’image de ce jeune homme qui refuse d’obéir à un CRS lui indiquant de s’éloigner de la nasse. Dépité, il fini par s’éloigner mais, après discussion avec leur hiérarchie, les CRS décident spontanément qu’il rejoindra le bus. Ils foncent sur lui, le ramènent de force, il se débat, et finit à plat ventre dans l'entrée du car, maîtrisé. Et ce n’est pas le seul cas ce jour là, de personne récupérée de force pour refus d’obtempérer.
On se demande d’ailleurs de quoi seront-ils accusés. Pas de casse, pas de jets de projectiles sur la police, des échauffourées très minoritaires, et impliquant très peu de personnes… Peut être qu’on punit ici simplement l’insolence de ces jeunes qui ne reconnaissent pas une autorité policière qui ne les respecte pas.
Un professeur discute avec un élève. 
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